Explication de texte : Descartes -la découverte du Cogito (seconde Méditation métaphysique, quatrième partie du discours de la méthode)

Publié le 30 Décembre 2012

shadok descartes

 

 

 

 

Au terme du doute méthodique : tout ce que je perçois est faux ; mes souvenirs sont illusoires ; je n'ai d'ailleurs plus aucun sens car plus aucun corps, et même les notions les plus simples de la science sont des fictions. A ce stade, la seule conclusion est qu'il n'y a rien de véritable dans ce monde.


Descartes ne renonce pas pour autant et continue de rechercher cette chose qui pourrait résister au doute méthodique, cette chose "dont on ne pourrait avoir le moindre doute". 


J'ai nié, nous dit Descartes, l'existence du monde, des corps et même des esprits. Est-ce que cela signifie que je ne suis pas ? que je n'existe pas ?  Non , répond Descartes, je peux tout nier sauf nier que moi qui pense, doute, nie, existe. L'existence de ma pensée dubitative est la preuve de mon existence comme être pensant. Même l'hypothèse du Malin Génie le confirme. Si cet être trompeur existe, il faut que sa tromperie ait une victime, et que moi qui suis trompé soit réellement existant. Le Malin génie pourra me tromper tant et plus, il suffit que je pense pour que je sois, même si je me trompe toujours, même s'il n'y a ni monde, ni Dieu, ni corps.

 

Une seule vérité echappe au doute : "je pense, j'existe"

 (Méditations métaphysiques)

 

L'affirmation "je pense donc  je suis" (Discours de la méthode) est le premier principe de la philosophie cartésienne. Mais attention : le "donc" de cette affirmation n'est en rien déductif. Je suis non pas parce que je pense mais le  "je pense" et le "je suis" sont simultanés.


Dans cette affirmation il faut comprendre que dans l'exercice de la pensée (ici le doute), j'ai conscience d'être  "une substance dont toute l'essence ou la nature n'est que de penser et qui pour être,  n'a besoin d'aucun lieu, ni d'aucune chose matérielle". (Discours de la méthode)

 


•Vocabulaire :

substance : terme utilisé par la philosophie scolastique pour désigner une réalité permanente dans les choses changeantes (Sous entendu que l'on ne peut connaître que ce qui est permanent et ne change ps)

 

Ainsi pour Descartes, la pensée ou le moi, est le sujet (ou le substrat) de toutes mes pensées particulières. En tant que sujet, elle n'est pas altérée par ces pensées particulières. Le "je pense donc je suis" de Descartes pose à la fois quelque chose qui m'est propre et qui en même temps échappe à la temporalité. Échapper à la temporalité ne veut pas dire que je sois immortel, mais c'est poser la permanence de mon moi tant que je suis en vie.

 

Ainsi contre les Sceptiques, Descartes démontre que l'on ne peut pas douter de tout. Quelle que soit l'absurdité de mes propos, quelle que soit ma mauvaise fois, je suis et je reste un sujet qui pense. 



mots clés : cogito, je pense donc je suis, substance 

Rédigé par Aline Louangvannasy

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