Aristote : "L'homme est un animal politique"

Publié le 27 Octobre 2013

l'homme animal politique

 

 

 

Texte

 

La communauté achevée formée de plusieurs villages est une cité dès lors qu’elle a atteint le niveau de l’autarcie pour ainsi dire complète ; s’étant constituée pour permettre de vivre, elle permet une fois qu’elle existe de mener une vie heureuse. Voilà pourquoi toute cité est naturelle puisque les communautés antérieures [la famille, le village, les premières cités et les tribus soumises à un roi] dont elle procède le sont aussi.[…]


Il est manifeste, à partir de cela, que la cité fait partie des choses naturelles, et que l’homme est un animal politique, et que celui qui est hors cité, naturellement bien sûr et non par le hasard des circonstances, est soit un être dégradé soit un être surhumain […] Car un tel homme est du coup naturellement passionné de guerre, étant comme un pion isolé au jeu de tric trac. C’est pourquoi il est évident que l’homme est un animal politique plus que n’importe quelle abeille et que n’importe quel animal grégaire. Car, comme nous le disons, la nature ne fait rien en vain ; or seul parmi les animaux l’homme a un langage. Certes la voix est le signe du douloureux et de l’agréable, aussi la rencontre-t-on chez les animaux ; leur nature, en effet, est parvenue jusqu’au point d’éprouver la sensation du douloureux et de l’agréable et de se les signifier mutuellement. Mais le langage existe en vue de manifester l’avantageux et le nuisible, et par suite le juste et l’injuste. Il n’y a en effet qu’une chose qui soit propre aux hommes par rapport aux autres animaux : le fait que seuls ils aient la perception du bien, du mal, du juste, de l’injuste et des autres notions de ce genre. Or avoir de telles notions en communs c’est ce qui fait une famille et une cité.


ARISTOTE, Les Politiques

 

Vous expliquerez ce texte. La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.

 

 

Explication du texte

 

- Thème : L'homme


- Question posée par le texte ; Qu'est-ce ce qui définit l'homme et le distingue de l'animal ?


- Thèse :  Le langage est le propre de l'homme (Ce qui caractérise l'homme et le distingue de l'animal, c'est que lui seul possède le langage)


 

- Etapes de l'argumentation :


→ Première partie - lignes 1 à 7 : Aristote définit la Cité.


→ Deuxième partie - ligne 7 à 15 : Si la Cité est un phénomène naturel il en découle que l'homme est par nature un "animal politique".


→ Troisième partie - lignes 15 à 25 : La nature qui ne fait rien en vain  a doté l'homme du langage.

 

→ Conclusion - lignes 25-26 : Ce qui définit en premier lieu  une société  humaine c'est la communauté des valeurs.

 

 

METHODE- Pour rédiger l'introduction :

 

- Si on en a les moyen, on peut amorcer l'introduction en posant l'intérêt ou l'actualité du texte (ce n'est pas indispensable).


- On reprend les éléments ci-dessus ( le thème , la question posée, la thèse, les étapes de l'argumentation ) pour présenter synthétiquement l'explication de texte.


- On annonce l'axe de discussion du texte

 

 

Exemple d'introduction

 

Aujourd'hui l'absentéisme atteint des records dans les scrutins électoraux et il semble qu'une part croissante de la population se détourne de la politique qui lui apparaît comme dépourvue de sens. Les hommes peuvent-ils se passer de la politique ?

Dans ce texte Aristote, tout en  s'interrogeant sur la nature humaine, répond à cette question. Selon lui l'organisation politique, la Cité ou l'Etat, est dans l'ordre des choses de la nature. Par conséquent  l'homme est  un animal politique. En effet parce que l'homme possède le  langage, il peut se donner des buts qui n'appartiennent qu'à lui et réaliser cette "vie heureuse" qui est pour  Aristote au principe même de l'action politique.

Nous discuterons la thèse d'Aristote. L'organisation politique est-elle le destin de toute communauté humaine ? En nous appuyant sur les travaux de Pierre Clastres présentés dans son ouvrage La société contre l'Etat, nous montrerons que l'Etat est loin d'avoir cette valeur d'universalité qu'on lui prête depuis Aristote. 

 

  1. [I.                 LA CITE EST UN PHENOMENE NATUREL]
  2. Les titres ne sont pas indispensables. Ils permettent simplement de mettre en évidence ici le fait que le plan de l'explication de texte suit le plan du texte.

 

Phrase 1 : La communauté achevée formée de plusieurs villages est une cité dès lors qu’elle a atteint le niveau de l’autarcie pour ainsi dire complète ; s’étant constituée pour permettre de vivre, elle permet une fois qu’elle existe de mener une vie heureuse.


Dans cette première phrase, Aristote définit la Cité.


Elle est par définition une « communauté achevée » dans le sens où il n’y a pas au-dessus d’elle d’autre structure sociale qui l’engloberait comme elle englobe les villages qui la constituent. En effet elle est en quelque sorte l'organisation sociale la plus aboutie et la plus efficace.


Si l’organisation sociale devait déterminée par la nécessité de subvenir aux besoins des membres d’une communauté, la Cité est la structure la plus efficace car elle réalise « l’autarcie », c’est-à-dire l’indépendance économique de la communauté.


Mais pour Aristote ce n’est pas cela qui  définit la Cité en premier lieu. La satisfaction des besoins n’est qu’une condition nécessaire, ce n’est pas une condition suffisante pour définir la Cité.

 

Si la Cité est l'organisation sociale la plus "achevée", c'est parce qu'elle permet avant tout de mener une « vie heureuse ». C’est cette finalité, la « vie heureuse », qui définit avant tout autre chose la Cité.


Il faudra bien sûr se demander ce qu’est une « vie heureuse » ? Aristote répondra a cette question dans la troisème partie du texte : une «vie heureuse» c'est une vie selon la justice.

 

Phrase 2 : Voilà pourquoi toute cité est naturelle puisque les communautés antérieures [la famille, le village, les premières cités et les tribus soumises à un roi] dont elle procède le sont aussi. […]


Les Sophistes défendaient l’idée que les lois, les valeurs, les institutions qui font la Cité n’ont rien de naturel. Elles ne sont que conventions humaines. La preuve en est la diversité possible des régimes politiques.


Pour Aristote, au contraire, la Cité est « naturelle ». Car elle est dans la continuité des organisations sociales qui la précèdent et qu’elle englobe : la famille, le village, la tribu...etc. Ces sociétés naturelles sont toutes centrées sur la satisfaction des besoins biologiques et domestiques.

 

Le problème est que  le caractère naturel de la Cité  ne permet de comprendre pourquoi la Cité existe en vue de la « vie heureuse ». Cela paraît même paradoxal comme nous le verrons par la suite.

 

  1. [II.            PAR CONSEQUENT L’HOMME EST UN ANIMAL POLITIQUE]

 

Phrase 3 : Il est manifeste, à partir de cela, que la cité fait partie des choses naturelles, et que l’homme est un animal politique, et que celui qui est hors cité, naturellement bien sûr et non par le hasard des circonstances, est soit un être dégradé soit un être surhumain […]


Par conséquent, puisque la Cité fait partie des choses de la nature, et constitue la forme la plus achevée de toutes les sociétés humaines, cela implique que tous les hommes sont destinés à vivre dans des cités, sans exception.L’homme est donc par nature un « animal politique ».

 

Dire que la nature a destiné l’homme à la vie politique, cela n'implique pas que tous les hommes vivent dans des cités, ou que partout où il y a des hommes il y a aussi des organisations étatiques. Il veut simplement dire que l'homme a en lui la capacité de vivre selon des institutions politiques et que ce n'est que dans le cadre de ces institutions qu'il pourra réaliser pleinement son humanité.

 


« Aristote, pour lequel le mot politikon était essentiellement un adjectif qualifiant l’organisation de la polis (…) n’a en fait nullement voulu dire que tous les hommes étaient politiques ni qu’il y avait du politique, c’est-à-dire une polis, partout où vivaient les hommes. (…) Il voulait simplement dire qu’il y a une particularité en l’homme qui consiste en ce qu’il peut vivre dans une polis et que l’organisation de cette polis représente la forme la plus haute de la communauté humaine. (…) »

H. Arendt, La politique a-t-elle encore un sens ?, L’Herne, pp.12-13

 


Aussi, précise Aristote, l’être vit qui hors d’une cité est soit un« être dégradé » c’est-à-dire un animal ou un sauvage[1], soit comme un « être surhumain », c’est-à-dire un dieu.


Si l'homme qui vit dans une cité n'est pas un animal , il nous  faut  alors souligner ce paradoxe de l’expression « animal politique ».


L’animal vit centré sur la satisfaction de ses besoins en vue de sa survie ou de celle de son espèce. L’homme qui vit dans une Cité, vit en vue d’autre chose, il vit en vue de la « vie heureuse » (Ce qu'Aristote a posé dès le premier paragraphe). En effet seule la Cité permet à l’homme de réaliser ce but qui n’appartient qu’à lui. C’est donc  lorsque les actions humaines visent ce but bien particulier que l’homme réalise son humanité et se distingue radicalement[2] de l’animal.


L’activité politique qui réalise les conditions de possibilité de la vie heureuse est donc le propre de l’homme. Elle permet à l’homme  de sortir de la sauvagerie et de la condition animale pour accéder à la condition humaine. C’est en ce sens qu’il y a un paradoxe dans l’expression « animal politique ».


Phrase 4 : Car un tel homme est du coup naturellement passionné de guerre, étant comme un pion isolé au jeu de tric trac.


L’homme est par nature un être social, fait pour vivre en communauté. Aucune humanité n’est possible dans l’isolement.  Rien n'est plus inhumain que l'isolement . L'homme seul est cet être "dégradé" qui ne vit que pour lui-même, replié sur lui-même, sur ses besoins, incapable de ce fait de s'intégrer à une communauté. Au contraire, l'homme est un être social car c’est au contact de ses semblables qu'il  peut acquérir ces règles de « civilité » qui lui permettent de vivre en paix avec autrui.

 

L’homme asocial qui vit en dehors de toute cité est un être « sans foi ni lois », c’est un être qui est guidé uniquement par ses intérêts et ses passions, qui sera prêt à tout pour les satisfaire. Il est comme cet homme à l’état de nature décrit plus tard par Thomas Hobbes, « un loup pour l’homme », naturellement agressif à l’égard de ses semblables, « passionné de guerre » car mû par ses seuls intérêts et prêt à tout pour les satisfaire.


 

Dans l’Antiquité grecque rien n’est moins condamnable que l’individualisme. L’homme fait partie d’un ensemble, d’une totalité (la nature), laquelle est toujours première et donne sa signification à chacune de ses composantes, comme dans un jeu d’échecs ou de tric trac. La pièce sortie du jeu, isolée, est dépourvue de sens. De même l’homme seul vit dans un monde privé de sens, dans un désert. Il ne peut être « heureux ».


La Cité civilise l’homme. Elle donne un sens proprement humain à la vie de l’homme. Elle lui donne une éducation qui développe en lui des vertus morales. Parmi ces vertus, il y a la philia (l’amitié) qui est pour Aristote la plus haute valeur morale. Elle  permet aux hommes de vivre non seulement comme des égaux mais des semblables, ce qui fonde à la fois la paix et le lien social dans la cité.

 

Phrase 5 : C’est pourquoi il est évident que l’homme est un animal politique plus que n’importe quelle abeille et que n’importe quel animal grégaire.


Ainsi on peut conclure que l’homme est par nature un « animal politique » et que c’est dans l’activité politique que réside fondamentalement la différence entre l’homme et l’animal.


Si Aristote insiste avec tant de vigueur c’est qu’il s’agit de rejeter catégoriquement la conception platonicienne qui fonde la société sur la satisfaction des besoins. Pour Platon, ce qui explique l’existence des sociétés  et qui est à leur principe, c’est la division du travail. L’homme est par nature un être de besoin. Ces besoins, il ne peut les satisfaire tout seul. Pour ce faire, il doit compter sur la solidarité des autres hommes ce qui explique que les hommes vivent en société.


Or cette thèse, nous dit Aristote, ne permet pas de distinguer les sociétés humaines des sociétés animales. En effet on observe chez certaines espèces, par exemple les abeilles, une organisation sociale fondée également sur la division du travail. Il faut donc trouver ailleurs le principe qui fonde les sociétés humaines. Ce principe ce n’est plus la satisfaction des besoins, mais la satisfaction d’un besoin très particulier, celui de « vivre bien », de vivre « heureux ». Tel est le fondement de la Cité.


Hannah. Arendt reprend cette distinction dans son œuvre. Une vie qui n’est centrée sur la satisfaction des besoins et la consommation, comme c’est le cas aujourd’hui dans notre société dite « de consommation », c’est une vie qui a perdu ses caractéristiques proprement humaines. Vivre pour produire et consommer, c’est inscrire son existence dans la sphère du biologique. C’est réduire l’homme à n’être plus qu’une chose indistincte parmi les choses de la nature. L’homme n’est alors qu’un organisme vivant. Rien de plus.


 

  1. [III.        L’ACTION POLITIQUE EST FONDEE SUR L’USAGE DE LA RAISON ET VISE LA « VIE HEUREUSE »]

 

Phrase 6 : Car, comme nous le disons, la nature ne fait rien en vain ; or seul parmi les animaux l’homme a un langage.


Aristote a une conception finaliste du monde. Tout ce qui est existe dans un but prédéfini par la Nature. En ce qui concerne l'animal, il est aisé de comprendre l’intervention de la nature. L’animal obéit aux lois de la nature et ne décide rien pour lui.

 

En ce qui concerne les hommes c’est plus compliqué. Comme nous pouvons le constater avec les Sophistes, la nature  ne décide pas de l'organisation sociale des hommes. C’est pour cela que les Etats ou les Cités peuvent prendre des formes aussi différentes (monarchie, démocratie…) 

 

Mais sous les apparences il n'en reste pas moins que  l’homme est  destiné par nature à vivre dans une la Cité. Pour ce faire,  la nature qui « ne fait rien en vain » a doté l’homme du langage (du logos mot grec qui désigne également la raison ou le discours argumenté). 


Phrase 7 : Certes la voix est le signe du douloureux et de l’agréable, aussi la rencontre-t-on chez les animaux ; leur nature, en effet, est parvenue jusqu’au point d’éprouver la sensation du douloureux et de l’agréable et de se les signifier mutuellement.


Pour bien nous faire comprendre en quoi consiste cette spécificité de l'homme, Aristote oppose lle langage (logos) à la voix des animaux (phonè).


Les animaux possèdent un système nerveux et des organes pour produire des sons qui leur servent à communiquer entre eux. Cependant cette communication se limite aux informations qui seront utiles à leur survie et à celle de l’espèce. Ils expriment  la satisfaction ou l'insatisfaction sous la forme « du douloureux et de l’agréable ». L'animal exprime le point de vue de son corps car l'animal est avant tout un organisme vivant.

 

Phrase 8 : Mais le langage existe en vue de manifester l’avantageux et le nuisible, et par suite le juste et l’injuste.


De même, le langage humain permet également de communiquer aux autres individus ce qui est « utile ou nuisible » à l'individu ou au groupe, mais il ne se limite pas à cela. L’homme ne se réduit pas à son corps. Il possède une raison (logos) qui le distingue de l'animal.C'est lorsqu'il exprime le point de vue de sa raison que l'homme affirme son humanité.


Fondé sur la raison, le langage humain permet à l'homme de se doter de valeurs, de lois et de règles de vie qui vont orienter ses actions. Toutes ces lois et règles c'est,ce que l’on appelle la justice. C’est la justice qui permet aux hommes de construire les communautés dans lesquelles ils vivent, que ce soit la famille, le village ou la Cité.

 

Il faut se rappeler l'importance que prend la parole ou le discours dans la vie politique avec le développement de la démocratie. Toutes les décisions qui engagent l'avenir de la communauté sont débattues publiquement sur l'agora. Elles sont discutées, argumentées, critiquées. Ce texte qui voit dans le langage la spécificité de l'homme s'inscrit donc pleinement dans le contexte de l'époque.


La justice c’est ici à la fois le droit, les lois et l’ensemble des institutions qui organisent la Cité, mais ce sont aussi les qualités morales que l’éducation permet de développer en tout homme, qui le  portent à faire  le bien ou le jsute.


 

 Phrase 9 : Il n’y a en effet qu’une chose qui soit propre aux hommes par rapport aux autres animaux : le fait que seuls ils aient la perception du bien, du mal, du juste, de l’injuste et des autres notions de ce genre.


Par conséquent ce qui distingue l’homme de l’animal, c’est que seul l’homme vit selon des valeurs. L'animal se contente de survivre, alors que l'homme lui veut être heureux. 


Cette dernière partie du texte nous permet de comprendre ce qu’est la « vie heureuse ». C’est une vie selon la justice. Cette vie même que Socrate a  défendu  jusqu'à sa  sa mort.


Phrase 10 : Or avoir de telles notions en communs c’est ce qui fait une famille et une cité.


En conclusion, ce qui fonde une société proprement humaine ce n’est pas la communauté des besoins et des intérêts comme le pensait Platon ( et comme le pensent aujourd'hui beaucoup de nos contemporains)  mais  c'est la communauté des valeurs et des projets que les hommes se donnent.

 

Si les hommes choisissent de vivre ensemble c’est pour réaliser cette justice qui permet de construire collectivement  «la vie heureuse ». En effet, le plus grand bonheur, ce n'est pas un bonheur solitaire, mais c’est un bonheur partagé par tous.  Tel doit être le but de l'activité politique.

 

 

 

Pour la discussion de la thèse d'Aristote, l'exposé des travaux de Pierre Clastres fera l'objet d'un autre article. 



Notes

 

[1] Les Grecs sont profondément ethnocentristes. Pour eux l’homme grec est par définition le modèle pour l’humanité. Aussi les hommes qui ne sont pas élevés dans la culture et les traditions grecques ne sont pas considérés comme des hommes mais comme des sauvages ou des barbares. Etymologiquement le « sauvage » désigne l’être qui vient de la forêt, c’est l’être qui rabaissé à sa condition naturelle.

 

[2] Radical : ce qui est à la racine de, au fondement.

 

 

 

 Mots clé : Cité, animal politique, langage, justice, société, politique

Rédigé par Aline Louangvannasy

Publié dans #Explications de texte

Commenter cet article

FLlOU 06/03/2015 19:45

Dans le cas des grecs, pouvons-nous vraiment parler d'ethnocentrisme... ou parler tout simplement de spécificité culturelle. Il est vrai que cette culture ô combien créatrice est bizzarement expéditive vis-à-vis les autres cultures d'alors, mais cet aspect culturel n'était-il pas conditionné par cet élan de la pensée grècque vers d'autres horizons de la condition humaine... inéxistants jusqu'alors. Toute nouvelle découverte est généralement entachée par plus ou moins d'emerveillement... cet aspect là est généralement difficile à différencier d'un pure narcisime... Enfin, Grecs et romains ont tout fait pour que la vie humaine soit "vivable" socialement... et politiquement. Marci à vous./ Karim FLIOU/ Maroc.

Philo Blog 07/03/2015 13:54

Je suis d'accord avec vous, la réflexion d'Aristote constitue une fondation de la pensée politique. Les théories du contrat remettent en question l'origine naturelle des sociétés, mais retrouvent pour certains , Rousseau en particulier l'idée que la politique permet de réaliser les conditions d'une vie digne de l'humanité.
Mais cette idée que la Cité ou l'Etat est la finalité de toutes les sociétés humaines sera remis en question par les travaux des ethnologues au XX siècle, notamment les travaux de Pierre Clastres.
Aline

fliou 07/03/2015 13:29

Un grand merci pour avoir commenter "mon commentaire". Effectivement, la civilisation grecque est généralement conçue comme se suffisant à elle-même...l'autre est du domaine de la barbarie ou tout simplelement "l'enfer" pour parler existentialiste... Cependant, toute civilisation est malheureusement ethnocentriste quant à sa conception de la condition humaine. Il est indéniable que l'avancée de l'être humain dans le domaine des droits humains fondamentaux est conditionnée par des pratiques civilisantes progressives... mais reste toujours à revoir et à "revisiter". Le travail d'Aristote sur la "politique" ou plus exactement sur le rassemblement humain n'a pas seulement décrit une situation grecque assez spéciale en son temps, mais avait permis à l' "aventure humaine" d'approcher de nouvelles alternatives inconnues jusque là. Peut-on parler d'un "avant" et d'un "après" Aristote"?... Locke, Kant, Hobbs et surtout Rousseau et bien d'autres seraient vraiment ravis d'y répondre... merci/ Karim.

Philo Blog 06/03/2015 20:18

Bonjour Karim, je crois que nous pouvons parler d'ethnocentrisme car pour les Grecs la civilisation grecque est la norme qui permet de définir ce qu'est l'humanité portée à son plus haut point. Une telle attitude n'est malheureusement pas une spécificité culturelle, la plupart des civilisations confrontée à l'altérité ont une dimension hégémonique.