Commencements - origine et fondement de la philosophie

Publié le 14 Septembre 2014

Milet, agora

Milet, agora

 

Repères - Origine/fondement  

- L’origine renvoie au commencement temporel, à la cause première.

- Le fondement renvoie à un principe de base, à la « raison d’une chose ».

 

Bien que les mots de la famille philosophia ne fassent leur apparition qu’au V° siècle avant Jésus-Christ, toute la tradition philosophique considère comme des « philosophes » les premiers intellectuels grecs qui apparaissent au début du VI° siècle avant Jésus Christ à la périphérie de la zone d’influence grecque, dans les colonies d’Asie Mineure (aujourd’hui la Turquie), plus exactement dans la ville de Milet. On désigne ces philosophes présocratiques sous le nom de Physiciens.

 

Définition : Le mot "physicien" vient du grec physis qui désigne la nature, mais aussi le commencement, le déroulement et le résultat d’un processus par lequel une chose se constitue. Pour les Grecs la nature se définit donc comme un processus de réalisation.

Repères - en puissance / en acte

Référence : Aristote, La Métaphysique

En puissance : quelque chose est en puissance lorsqu’elle a le potentiel de se réaliser, mais elle n’est pas réalisée. Le palmier existe en puissance dans la graine de palmier .

En acte : désigne ce qui a été pleinement accompli, ce qui existe réellement. Dans mon jardin le bananier existe en acte.

 

Parmi ces premiers penseurs se trouvent THALES, ANAXIMANDRE, ANAXIMENE. Progressivement ce mouvement intellectuel s’étend aux autres colonies grecques : la Sicile, l’Italie du sud qui deviennent des centres intellectuels très dynamiques avec PYTHAGORE, PARMENIDE et EMPEDOCLE.

 Commencements - origine et fondement de la philosophie

La révolution présocratique : L’invention de la raison ».

 

Avant que n’apparaissent ces intellectuels, il existait déjà des discours explicatifs du monde (ce que l’on désigne sous le nom de cosmogonies). Ils consistaient en des récits mythiques décrivant l’histoire du monde comme étant le résultat de luttes d’influences, de rivalités entre des entités personnifiées sous la forme de divinités surnaturelles. Ces récits étaient des genèses racontant la création du monde, de l’homme, des sociétés.

Les premiers penseurs substituent à cette narration mythique une théorie rationnelle du monde qu’ils appellent historia, ce qui signifie l’enquête. Cependant ils conservent le schéma ternaire des récits mythiques puisqu’ils proposent eux aussi une théorie de l’origine du monde, de l’homme et de la Cité.

 La raison est désormais le fondement de la pensée scientifique et philosophique.

 

Le contexte politique détermine la production des savoirs.

Cette nouvelle façon de penser le monde se fait dans un contexte historique déterminé : Le monde grec traverse à cette période une profonde crise économique, politique et sociale. Les institutions de la royauté mycénienne sont en déclin et sont  progressivement remplacées par une organisation politique démocratique fondée sur l’égalité des citoyens entre eux. Ces transformations politiques ont des conséquences sur le statut et le contenu des savoirs.

Avant l’apparition de la démocratie le savoir était « sacré » (sacer en latin signifie interdire). Il était tenu secret et restait le privilège du roi, du prêtre et des scribes, ce qui leur permettait de renforcer leur pouvoir sur les populations.

Avec l’avènement de la démocratie, le savoir devient « profane » (« hors du temple »). La démocratie permet la constitution d’un espace public (l’agora) dans lequel la parole peut s’exprimer librement et publiquement dans des débats, des discussions contradictoires.

Ces transformations permettent  l’émergence de nouveaux savoirs se développant à côté de la religion : la géométrie, la physique. Liées à ces des savoirs et ces théories explicatives du monde, se développe une discipline qui s’interroge sur le statut et la valeur de ces savoirs : la philosophie.

La physique développe une nouvelle conception de la nature. Jusqu’à présent les hommes pensaient que le cosmos était organisé selon un ordre hiérarchique reposant sur la puissance surnaturelle d’un dieu. Désormais l’ordre  (nomos) qui organise le cosmos repose sur une règle égalitaire (isonomia) s’imposant de la même façon à tous les êtres, de telle façon qu’aucun ne puisse exercer sa domination sur les autres.

D’une part cette nouvelle représentation de la nature possède un caractère géométrique. Le monde se pense désormais dans un cadre spatial fait de relations réciproques, symétriques, réversibles. D’autre part cette représentation géométrique de la nature reproduit l’ordre qui organise la société démocratique.La représentation géométrique du monde fondé sur l’isonomia nous propose un cosmos dans lequel l’homme entretient des rapports harmonieux et équilibré avec la nature.

Aujourd’hui ce rapport harmonieux a disparu. Le développement de la pensée technicienne au XVI° siècle a conduit l’homme à développer des rapports de maîtrise et de domination de la nature.

 

Rédigé par Aline Louangvannasy

Publié dans #Cours, #origine, #commencement, #nature, #en puissance, #en acte, #philosophie

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Commenter cet article

marc 15/10/2017 23:18

chacun a sa langue pour exprimer son savoir, l'étymologie grecque ne peut nous conduire dans le droit chemin, car on connait où on est originaire. la philosophie est tout ce que nous croyons et disons.

marc 15/10/2017 23:14

la philosophie a commencé où l'univers a commencé, et l'homme commence la philosophie à sa naissance. je suis né du monde, c'est que je sais tout.